Classe énergétique DPE : le tableau des classes A à G et ce que l'étiquette signifie

Le diagnostic de performance énergétique ne mesure pas vos factures. Il calcule une consommation théorique, la compare à deux échelles, et retient la plus mauvaise des deux. Voici comment le lire. Les seuils de chaque lettre sont dans le tableau des classes A à G, et les règles de vente et de location dans notre guide de la réglementation DPE.

Maison stylisée à côté de l'échelle des classes DPE, de A en vert à G en terracotta
Sept lettres, deux échelles. La lettre publiée est celle de la colonne la moins favorable.

La réponse courte

  • Le DPE calcule une consommation conventionnelle sur cinq usages, avec des hypothèses d'occupation identiques partout. Il ne reflète pas la facture du foyer précédent.
  • Deux échelles sont calculées, l'énergie et les émissions de CO₂. La classe affichée est la moins bonne des deux.
  • Le calcul change pour l'électricité : coefficient de 1,9 depuis le 1er janvier 2026, de 1,7 au 1er janvier 2027. Les seuils du tableau restent les mêmes.
  • Un DPE est valable dix ans. Ceux établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ont cessé d'être valables le 1er janvier 2025.

Ce que le DPE mesure, et ce qu'il ne mesure pas

C'est le malentendu le plus courant, et il coûte des discussions inutiles entre vendeurs et acheteurs : le DPE ne relève pas les consommations réelles du logement. Il applique une méthode de calcul unique, dite 3CL-DPE 2021, à la description du bâtiment. L'isolation, les menuiseries, la ventilation, le mode de chauffage et la production d'eau chaude entrent dans le modèle. Les habitudes des occupants n'y entrent pas.

Le calcul porte sur cinq usages : le chauffage, l'eau chaude sanitaire, le refroidissement, l'éclairage et les auxiliaires, ces équipements discrets que sont pompes et ventilateurs. La température de consigne et la durée d'occupation sont conventionnelles, c'est-à-dire fixées par la méthode et identiques d'un logement à l'autre.

Cette convention est ce qui rend deux logements comparables. C'est aussi ce qui explique qu'un ménage sobre puisse payer moins que ne le laisse craindre une étiquette F, et qu'un logement classé C mal utilisé coûte plus que prévu. Le DPE décrit le bâtiment, pas ses habitants.

Échelle DPE : tableau des classes A à G

Le diagnostic produit deux résultats. L'un porte sur la consommation d'énergie primaire, en kilowattheures par mètre carré et par an. L'autre porte sur les émissions de gaz à effet de serre, en kilogrammes de CO₂ par mètre carré et par an. Chacun est confronté à sa propre grille.

Voici les seuils du cas général, qui vaut pour les logements de plus de 40 m² situés sous 800 mètres d'altitude. Ils sont fixés par l'arrêté du 31 mars 2021, et les résultats du diagnostic sont arrondis à l'entier inférieur avant d'être classés. La colonne énergie se lit en kWh d'énergie primaire par m² et par an, la colonne climat en kg de CO₂ par m² et par an.

ClasseÉnergieClimat
Amoins de 70moins de 6
Bde 70 à 109de 6 à 10
Cde 110 à 179de 11 à 29
Dde 180 à 249de 30 à 49
Ede 250 à 329de 50 à 69
Fde 330 à 419de 70 à 99
G420 et plus100 et plus

La lettre retenue est celle de la plus mauvaise des deux colonnes. Un logement qui consomme 150 kWh/m²/an, ce qui le placerait en C, mais qui émet 60 kg de CO₂/m²/an, ce qui le place en E, est classé E. Cette règle explique une bonne partie des étiquettes qui surprennent leur propriétaire : un chauffage au fioul bien réglé dans une maison correctement isolée reste pénalisé par la colonne climat.

Échelle des sept classes du DPE avec, pour chacune, le seuil de consommation en kWh par m² et par an et le seuil d'émissions en kg de CO₂ par m² et par an
Seuils du cas général. Deux situations y échappent : les logements de moins de 40 m² et ceux situés au-dessus de 800 mètres d'altitude dans certaines zones climatiques.

Deux séries de seuils dérogatoires existent. Depuis le 1er juillet 2024, les logements de moins de 40 m² disposent de seuils ajustés, parce que la production d'eau chaude y pèse beaucoup plus lourd rapportée à la surface. Et au-dessus de 800 mètres d'altitude, dans les zones climatiques les plus froides, les classes E, F et G sont élargies ; nous avons détaillé ce cas et ses effets réels dans notre analyse du DPE en Haute-Loire.

La fiche de Service-Public résume l'échelle énergie de A, « extrêmement performant », à G, « extrêmement peu performant » ; le ministère de la Transition écologique désigne en outre les classes F et G comme « logements à consommation énergétique excessive ». La même fiche annonce, pour le 1er janvier 2027, un diagnostic qui prendra en compte la part des énergies renouvelables et introduira une nouvelle classe énergie au-dessus de A, réservée à certains bâtiments, prévue par un arrêté du 11 juin 2026.

Durée de validité, opposabilité et dispenses

Un DPE est valable dix ans. La réforme de 2021 a toutefois raccourci la vie des diagnostics antérieurs : ceux établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ont cessé d'être valables le 1er janvier 2025. En pratique, tout DPE utilisable aujourd'hui a été établi après le 1er juillet 2021 et suit la méthode actuelle.

Depuis cette même date, le DPE est opposable. Il n'est plus une simple information : un acquéreur ou un locataire peut s'en prévaloir, comme pour les autres diagnostics. La qualité du relevé et l'exactitude des informations transmises au diagnostiqueur comptent donc davantage qu'avant.

Deux codes QR servent depuis 2025 à vérifier un diagnostic. Depuis le 1er juillet 2025, un code QR permet de vérifier la certification du diagnostiqueur ; depuis le 1er septembre 2025, un second donne accès au DPE du logement. Ils servent à repérer les diagnostics falsifiés, un motif fréquent de litige après la vente.

Certains logements en sont dispensés : ceux destinés à être occupés moins de quatre mois par an, les bâtiments indépendants dont la surface de plancher est inférieure à 50 m², et les monuments historiques classés ou inscrits.

Ce que l'étiquette impose à la vente et à la location

À la vente, une maison classée E, F ou G doit être accompagnée d'un audit énergétique, et rien n'oblige à rénover avant. À la location, les logements classés G sont exclus depuis 2025, les F le seront en 2028 et les E en 2034. Le calendrier complet, le nouveau calcul de 2026 et de 2027 et la part des maisons concernées sont dans notre guide de la réglementation DPE.

Le DPE parmi les autres diagnostics obligatoires

Le DPE est le plus commenté, mais il n'est qu'une pièce du dossier de diagnostic technique. Les autres dépendent de l'âge du bâtiment, de sa localisation et de ses installations. Leur durée de validité et le texte qui impose chacun sont dans notre guide des diagnostics obligatoires pour vendre une maison.

DiagnosticQuand il s'applique
Performance énergétique (DPE)Presque toujours, sauf dispenses. Valable dix ans.
AmianteLogements dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997.
Plomb (CREP)Logements construits avant 1949.
TermitesCommunes placées en zone à risque par arrêté préfectoral.
Gaz et électricitéInstallations intérieures de plus de quinze ans.
État des risquesSelon la commune : risques naturels, miniers, technologiques et radon.
Mesurage loi CarrezVente d'un lot de copropriété, pour la superficie privative.
Assainissement non collectifLogement non raccordé au réseau public.
Bruit et méruleZones d'exposition au bruit des aérodromes, zones à mérule délimitées.

Le mesurage mérite une précision, parce qu'il se confond souvent avec la surface habitable. La loi Carrez mesure la superficie privative d'un lot de copropriété ; la surface habitable répond à une autre définition et sert ailleurs. Les deux valeurs sont proches sans être identiques, et le prix au m² change selon celle qu'on utilise au dénominateur. Notre guide des surfaces à connaître avant d'estimer détaille ces différences.

Questions fréquentes

Que signifie exactement la lettre du DPE ?

Elle résume deux calculs : la consommation d'énergie primaire du logement et ses émissions de gaz à effet de serre, rapportées au mètre carré et à l'année. Chacun est comparé à une grille de sept classes, et la lettre publiée est celle de la plus mauvaise des deux. Ce sont des valeurs conventionnelles, calculées à partir du bâti, pas des relevés de factures.

Quelle consommation correspond à chaque classe DPE ?

Dans le cas général, en énergie primaire par m² et par an : moins de 70 kWh pour A, de 70 à 109 pour B, de 110 à 179 pour C, de 180 à 249 pour D, de 250 à 329 pour E, de 330 à 419 pour F, et 420 ou plus pour G. Les émissions de CO₂ ont leur propre grille, et la lettre retenue est la moins bonne des deux.

Combien de temps un DPE reste-t-il valable ?

Dix ans. Les diagnostics établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 font exception : ils ont cessé d'être valables le 1er janvier 2025. Un DPE utilisable aujourd'hui a donc été établi à partir du 1er juillet 2021.

Quels diagnostics faut-il en plus du DPE pour vendre ?

Cela dépend du bien : amiante si le permis est antérieur à juillet 1997, plomb avant 1949, gaz et électricité pour les installations de plus de quinze ans, termites et mérule selon les zones, état des risques selon la commune, mesurage loi Carrez pour un lot de copropriété, et assainissement si le logement n'est pas raccordé.

Le DPE engage-t-il celui qui l'a réalisé ?

Oui, il est opposable depuis le 1er juillet 2021, comme les autres diagnostics. Un acquéreur ou un locataire peut s'en prévaloir. Depuis 2025, deux codes QR permettent de vérifier la certification du diagnostiqueur et d'accéder au diagnostic du logement, ce qui limite les documents falsifiés.

Sources consultées

À lire ensuite : le DPE en Haute-Loire et l'effet de l'altitude, les surfaces à connaître avant d'estimer, ce que doit contenir un avis de valeur et les prix de vente publics dans la DVF.

Analyse et rédaction : , concepteur de MaValeur · Publié le 12 septembre 2026 · Mis à jour le 3 octobre 2026 · Méthode éditoriale